Artères de la Minoterie

« A l’instant où Camille Bruat pose sa première mine de crayon sur une feuille, elle se laisse dériver dans les espaces urbains. Ce sont les traces du situationniste Guy Debord qu’elle suit dans son travail. Cet écrivain souhaitait amener ses lecteurs à renouveler leur chemin pour ainsi changer leur point de vue sur les situations urbaines qu’ils rencontraient. Ainsi, cette jeune artiste marche, elle semble remonter inlassablement les traces de son passé, pour ainsi revenir aux premières marches qu’elle a partagé avec son père lorsqu’elle était enfant. Camille Bruat est très attentive à son corps dans l’espace, ce sont ses efforts qui déterminent ses tracés à venir. Par exemple, c’est de par son inclinaison dans la montée d’une ruelle raide, ou bien une envie de rebrousser chemin qui déterminera la future bifurcation de son trait…

C’est In-situ qu’elle retrace son cheminement par la soudure de barres métalliques, de la même manière que Thésée remonte le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe victorieux, afin d’en épouser la déesse.»

 

Anna L’HOSPITAL

Artères de la Minoterie, Tiges métalliques vides soudées et peintes, dimensions variables, vue de l’exposition La peau et le vide, juillet 2018, La Minoterie Ivry-sur-Seine, Crédit photo ©Gaëtan Tracqui, ©Arthur Weiland,

 ©Jason Alves